Bâtir un système alimentaire canadien résilient


Bâtir un système alimentaire canadien plus résilient exige plus que la technologie elle-même. Cela exige l’infrastructure nécessaire pour tester cette technologie dans des conditions d’exploitation réelles. Cela exige l’expertise nécessaire pour guider l’intégration et livrer des résultats auxquels un acheteur peut avoir confiance. Et cela exige des parcours structurés qui font passer l’innovation canadienne en production au Canada. Bien réalisé, c’est ce qui confère au système alimentaire la capacité domestique, la visibilité et l’adaptabilité qu’exige la résilience.

Le Canada n’a jamais connu un moment plus propice pour bâtir ce système. En juin 2026, le premier ministre Mark Carney a lancé la toute première Stratégie nationale de sécurité alimentaire du Canada. Elle est appuyée par plus de trois milliards de dollars sur dix ans. Elle reconnaît également, sans détour, que le Canada n’exploite pas suffisamment la technologie dans ses secteurs agroalimentaires. Quelques semaines plus tard, le Fonds de réponse stratégique a ouvert son appel à propositions, offrant jusqu’à 350 millions de dollars pour la transformation alimentaire, la chaîne d’approvisionnement et la capacité de fabrication. Ensemble, ces engagements représentent l’investissement fédéral le plus important jamais consacré à la modernisation du système alimentaire au pays. Ce qui déterminera s’ils portent fruit, ce sera la qualité du travail qui transformera ce financement en résultats concrets.

L’état réel du système alimentaire

Le Canada est l’un des plus grands exportateurs agroalimentaires au monde, mais une part importante de ce que produisent les fermes canadiennes est exportée pour être transformée ailleurs avant de revenir sur les tablettes canadiennes (source : Réseau Canadien d’Innovation en Alimentation). Le secteur de la transformation alimentaire et des boissons, celui qui permettrait de conserver davantage de cette valeur au pays, est la plus grande industrie manufacturière du Canada, et la majorité des entreprises qui la composent sont de petite ou moyenne taille (source : rapport GAIN de l’USDA). Ces entreprises fonctionnent généralement avec des marges serrées et de l’équipement vieillissant, ce qui leur laisse peu de marge pour absorber les coûts ou les perturbations liés à l’essai de nouvelles technologies. Les entreprises canadiennes, en général, ont historiquement aussi préféré embaucher plutôt que d’investir dans l’automatisation. Ensemble, ces tendances expliquent en partie pourquoi la transformation alimentaire a été lente à se moderniser, même lorsque l’argument en faveur de la modernisation est clair.

Cette réticence à moderniser n’est pas irrationnelle. Pour un transformateur alimentaire de petite ou moyenne taille qui travaille avec des marges minces, un projet pilote technologique raté sur une ligne de production active n’est pas une expérience d’apprentissage : c’est un trimestre perdu, une relation d’approvisionnement perturbée ou un contrat client mis en péril. Le coût d’une modernisation mal exécutée dépasse celui de l’absence de modernisation, du moins à court terme. Et ce calcul a silencieusement façonné la transformation alimentaire canadienne pendant des années. Lorsque l’investissement a lieu, il favorise les technologies connues de fournisseurs établis plutôt que les solutions plus récentes, souvent meilleures, développées par les innovateurs technologiques canadiens.

Le même schéma est présent du côté agricole du système alimentaire. L’adoption technologique dans l’agriculture canadienne varie considérablement selon la taille de l’entreprise, les grands producteurs investissant à des taux que les producteurs de petite et moyenne taille ne peuvent égaler. Les obstacles auxquels sont confrontés les petits et moyens producteurs sont concrets : le coût de la technologie, sa pertinence pour l’exploitation en question, les lacunes en matière d’infrastructures, dont l’accès fiable à Internet en milieu rural, et les compétences nécessaires pour exploiter et entretenir de nouveaux systèmes (sources : Institut de la diversité de l’Université métropolitaine de TorontoCentre des Compétences futures). Le résultat est un paysage d’adoption à deux vitesses, où la technologie atteint les segments du système alimentaire les mieux placés pour se la payer, laissant les autres pour compte.

En même temps, la technologie nécessaire pour moderniser le secteur existe, et des entreprises canadiennes la développent. Mais l’essentiel du capital et une bonne partie de l’attrait des marchés en démarrage se trouvent désormais aux États-Unis plutôt qu’au pays. L’investissement dans les start-ups agroalimentaires américaines a été plus de 20 fois supérieur à celui du Canada au cours des cinq dernières années, attirant l’innovation canadienne vers le sud pour le capital, le mentorat et l’accès au marché (source : RBC Climate Action Institute). Les innovateurs canadiens trouvent de plus en plus leurs clients, leurs investisseurs et leur croissance au sud de la frontière, plutôt qu’au sein même du système alimentaire qui les a vus naître.

Ces obstacles ne sont pas nouveaux, mais avec le leadership canadien en matière d’innovation revigoré et sa volonté de bâtir des chaînes d’approvisionnement souveraines et résilientes, il existe un réel potentiel pour les surmonter. Ce qui suit explore où se situe la technologie à travers la chaîne d’approvisionnement alimentaire, ce que produit l’innovation canadienne, et ce qu’il faudra pour combler l’écart entre l’innovation et l’adoption.

Où la technologie s’inscrit dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire

La technologie n’est pas un levier unique pour moderniser le système alimentaire. C’est un ensemble d’outils interconnectés qui touchent chaque étape du parcours, de la ferme à la table canadienne. Comprendre où la technologie s’inscrit et quelles capacités précises elle apporte à chaque étape permet de voir où l’investissement produit les améliorations les plus durables.

Agriculture et agriculture en environnement contrôlé

À l’extrémité production du système alimentaire, les capteurs connectés, l’intelligence artificielle et les contrôles environnementaux automatisés donnent aux producteurs une vision en temps réel des conditions de culture et permettent des décisions qui reposaient auparavant uniquement sur l’intuition. Des recherches évaluées par les pairs sur le contrôle autonome des serres démontrent que l’optimisation par IA de la lumière, de l’humidité, de la température et de l’apport en nutriments peut produire des améliorations mesurables tant du rendement des cultures que de la rentabilité, les résultats modélisés montrant des gains de rendement de plus de dix pour cent et des gains substantiels de bénéfice net par rapport aux méthodes de contrôle conventionnelles (source : Cao et al., iGrow, AAAI 2022).

La valeur de ces technologies ne se limite pas à la performance individuelle de chaque ferme. Elle réside dans la capacité à rendre la production agricole canadienne plus constante, plus efficiente sur le plan des ressources et moins dépendante des conditions météorologiques et de la main-d’œuvre qui ont historiquement défini les marges du secteur. Pour les producteurs qui opèrent dans un environnement contrôlé, des serres aux fermes verticales intérieures, les systèmes connectés permettent des opérations plus serrées à plus grande échelle, sans augmentation proportionnelle des coûts.

Fabrication et transformation alimentaire

L’étape de fabrication est celle où les réseaux 5G privés, l’Internet des objets industriel, la robotique et le contrôle de la qualité basé sur l’IA transforment activement la façon dont les aliments sont produits à grande échelle. Les installations modernes de transformation alimentaire dépendent de plus en plus de systèmes interconnectés qui surveillent l’état de l’équipement, prédisent les besoins d’entretien avant qu’une défaillance ne survienne, suivent la qualité en temps réel sur toute la ligne de production, et coordonnent le mouvement des matières premières et des produits finis dans l’usine.

La surveillance activée par l’Internet des objets dans la fabrication alimentaire a mené à des améliorations opérationnelles importantes, notamment des réductions substantielles du gaspillage alimentaire généré durant la production, une meilleure visibilité sur où et pourquoi le gaspillage survient, et des changements mesurables dans le comportement des employés une fois les données en temps réel disponibles (source : Jagtap et Rahimifard, 2019). Ces gains comptent pour les transformateurs alimentaires canadiens qui travaillent avec des marges minces : ce ne sont pas des améliorations expérimentales, mais des améliorations opérationnelles qui se traduisent directement par des coûts, une qualité et la confiance des clients.

Les réseaux 5G privés ajoutent une nouvelle dimension à ce qui est possible dans la fabrication alimentaire. Les applications sensibles au facteur temps qui exigeaient auparavant une infrastructure filaire, comme la robotique coordonnée, l’inspection de qualité à haute fréquence et le contrôle des procédés en temps réel, deviennent réalisables sans fil lorsqu’une installation est déployée sur un réseau 5G dédié. Pour les transformateurs alimentaires qui modernisent des installations existantes, cela modifie l’équation économique des technologies qui méritent un investissement.

Transport et logistique de la chaîne du froid

Entre le producteur et le transformateur, et entre le transformateur et le détaillant, les aliments transitent par une chaîne d’approvisionnement où la température, le minutage et la manutention déterminent s’ils arrivent en bon état. Les capteurs IoT et les systèmes de surveillance connectés permettent désormais de suivre ces conditions en continu, donnant aux exploitants de la chaîne d’approvisionnement une visibilité sur ce qui arrive à un envoi à chaque étape de son parcours.

Les enjeux sont considérables. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture estime qu’une réfrigération inadéquate contribue, à elle seule, à la perte de 526 millions de tonnes d’aliments dans le monde chaque année (source : FAO). Une gestion efficace de la chaîne du froid est l’un des leviers les plus directs pour réduire les pertes alimentaires entre la ferme et le consommateur, et la surveillance connectée rend cette gestion possible à grande échelle. Pour un pays comme le Canada, où les produits frais et transformés parcourent souvent de longues distances entre les régions de production et les centres de population, la valeur de la visibilité en transit est encore plus élevée.

Entreposage et gestion des stocks

À l’étape de l’entreposage et de la gestion des stocks, les systèmes de réfrigération connectés et les plateformes d’analyse améliorent la fiabilité de l’équipement, prolongent la durée de vie utile des produits entreposés, et fournissent aux exploitants l’information nécessaire pour détecter les pertes avant qu’elles ne surviennent. Les systèmes d’entretien prédictif surveillent en continu la performance de l’équipement et signalent les conditions annonçant une défaillance imminente, permettant aux exploitants d’intervenir pendant qu’une unité de réfrigération fonctionne encore, plutôt qu’après que le produit s’est gâté.

Les approches de jumeau numérique, où un modèle virtuel des opérations d’une installation fonctionne en parallèle avec l’installation physique, sont de plus en plus utilisées pour tester des scénarios, optimiser les configurations d’entreposage et prédire les besoins d’entretien avant qu’ils ne deviennent des problèmes (source : Cambridge University Press). Ensemble, ces technologies transforment la gestion de l’entreposage et des stocks d’une opération réactive en une opération prédictive — exactement ce dont les transformateurs et détaillants alimentaires canadiens ont besoin pour fonctionner de manière fiable à grande échelle.

À travers ces quatre étapes, le constat est le même : toute solution canadienne conçue pour le système alimentaire doit être éprouvée dans des conditions d’exploitation canadiennes réelles avant d’être adoptée à grande échelle. Déployées à grande échelle, les solutions validées donnent au système alimentaire la visibilité, la redondance et l’adaptabilité qu’exige la résilience.

Ce que produit déjà l’innovation canadienne

L’écosystème canadien des technologies agricoles et alimentaires est déjà actif et en croissance. Le rapport 2025 sur l’écosystème du Réseau Canadien d’Innovation en Alimentation recense plus de 320 entreprises actives dans le secteur, représentant plus de 4 milliards de dollars de capital investi au cours de la dernière décennie. Alors que le secteur mondial a ralenti ces dernières années, l’écosystème national a continué de croître (source : Réseau Canadien d’Innovation en Alimentation).

Cette croissance n’est pas dispersée. Les entreprises d’ici ont bâti une vraie force dans des domaines directement liés à un système alimentaire modernisé, notamment l’innovation alimentaire végétale, la transformation alimentaire biotechnologique et la réduction du gaspillage alimentaire. Flashfood et Crush Dynamics, par exemple, travaillent tous deux sur des solutions visant à réduire les pertes tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Entre elles et l’écosystème plus large, l’innovation canadienne couvre désormais la production, la transformation et la distribution.

Ces forces sont également reconnues à l’échelle mondiale. La liste 2026 des 50 meilleures entreprises AgTech de Thrive, publiée par la plateforme de capital-risque de la Silicon Valley SVG Ventures, compte cinq entreprises canadiennes : 4AG Robotics, BinSentry, Vive Crop Protection, Milk Moovement et Entosystem. Leur travail couvre l’agriculture en environnement contrôlé, la gestion de l’alimentation et du bétail, de nouveaux intrants de protection des cultures, les logiciels de chaîne d’approvisionnement laitière et la production de protéines à base d’insectes, ce qui témoigne de l’attention que porte l’industrie mondiale à ce qui se construit ici (source : BetaKit fait état de la liste 2026 des 50 meilleures entreprises AgTech de Thrive).

Pourtant, une grande partie du capital et de l’attrait initial des marchés pour cette innovation se trouve encore aux États-Unis, où l’investissement dans les start-ups agroalimentaires a été plusieurs fois supérieur à celui du Canada au cours des dernières années (source : RBC Climate Action Institute). Bon nombre des entreprises les mieux placées pour aider à moderniser le système alimentaire national cherchent les clients, le capital et les environnements de validation qui leur permettraient de s’établir au pays.

L’innovation existe. L’occasion à saisir est de bâtir l’infrastructure, l’expertise et les parcours qui la font entrer dans le système alimentaire, en la préparant pour l’adoption.

Ce qu’il faut pour faire passer l’innovation canadienne à la production canadienne

Faire passer l’innovation canadienne en production canadienne n’est pas un problème de jumelage. C’est un problème structurel qui exige des solutions structurelles. Trois éléments, agissant ensemble, déterminent si une technologie canadienne prometteuse devient un produit validé fonctionnant sur une ligne de production canadienne à grande échelle : une infrastructure de validation en conditions réelles, un soutien d’intégration expert et des parcours d’adoption structurés qui réduisent le risque tant pour l’innovateur que pour l’adoptant.

Infrastructure de validation en conditions réelles

Les innovateurs canadiens ont besoin d’un endroit concret pour prouver que leur technologie fonctionne. Un prototype fonctionnel en laboratoire contrôlé ne répond pas aux questions qu’un transformateur alimentaire ou un producteur agricole canadien se posera avant de l’adopter. Résiste-t-elle aux conditions de température, de vibration et d’interférence d’un environnement de production réel ? S’intègre-t-elle à l’équipement déjà en place sur le plancher ? Fonctionne-t-elle de manière fiable à l’échelle dont un client a besoin, jour après jour, sans perturber les opérations qu’elle est censée améliorer ?

Répondre à ces questions exige un accès à une infrastructure de qualité industrielle qui reflète les conditions réelles des opérations agroalimentaires canadiennes. Cela signifie des installations dotées de la connectivité, des capteurs, de la robotique et de l’équipement de transformation dont les innovateurs canadiens ont besoin pour tester leurs solutions. Bâtir cette infrastructure de façon indépendante est hors de portée pour la plupart des start-ups et entreprises en expansion canadiennes, et le coût d’une validation ratée sur la ligne de production active d’un client est trop élevé pour que la plupart des adoptants puissent l’absorber. La solution est une infrastructure partagée que les deux parties peuvent utiliser, conçue spécifiquement pour refléter les environnements d’exploitation réels dans lesquels la technologie finira par s’intégrer.

Soutien d’intégration expert

L’infrastructure seule ne suffit pas. Valider une nouvelle technologie dans un environnement d’exploitation réel exige une expertise en conception d’essais, en intégration et en analyse que la plupart des start-ups canadiennes n’ont pas encore acquise et que la plupart des adoptants agroalimentaires n’ont pas à l’interne. Concevoir le bon plan d’essai, intégrer la technologie aux systèmes existants, surveiller la performance à travers les couches de calcul, de réseau et d’application, et produire des preuves auxquelles un acheteur fera confiance : voilà un travail spécialisé qui exige des personnes spécialisées.

Combiner l’accès à cette expertise avec une infrastructure d’environnement réel de l’utilisateur final permet une validation véritable. Les innovateurs obtiennent l’aide dont ils ont besoin pour prouver que leur technologie fonctionne dans les conditions d’un client. Les adoptants obtiennent la confiance qui vient d’un processus de validation rigoureux et soutenu par des experts, plutôt qu’un projet pilote qu’ils doivent mener eux-mêmes avec du personnel qu’ils ne peuvent se permettre de libérer. L’expertise en essais transforme l’accès à l’infrastructure en résultats qui influencent les décisions d’achat.

Parcours d’adoption structurés

Même avec l’infrastructure et l’expertise en place, l’innovateur et l’adoptant ont encore besoin d’une façon structurée de travailler ensemble. Les projets pilotes ponctuels font porter le risque aux deux parties. L’innovateur investit temps et ressources sans garantie d’adoption. L’adoptant investit de l’attention opérationnelle sans garantie que la technologie répondra à ses exigences. Sans processus défini, les deux parties ont tendance à hésiter, et l’intégration qui les avantagerait toutes deux ne se concrétise jamais pleinement.

Les parcours d’adoption structurés changent ce calcul. Lorsque les innovateurs et les adoptants peuvent s’engager dans un projet commun avec une portée définie, des indicateurs de réussite convenus, un travail d’intégration financé et un résultat validé qui appuie la décision d’approvisionnement de l’adoptant, le risque diminue des deux côtés. L’innovateur obtient un engagement client réel qui produit des preuves de référence de sa technologie fonctionnant en production. L’adoptant obtient des résultats validés qui facilitent la défense de sa décision d’achat éventuelle. Et le système alimentaire gagne une innovation canadienne de plus qui passe du prototype au déploiement.

Rien de tout cela n’est théorique. L’infrastructure, l’expertise et les parcours d’adoption structurés ne sont pas des aspirations pour ce que le Canada pourrait un jour bâtir. Ce sont les composantes précises d’un travail déjà en cours que le Canada est prêt à faire passer à l’échelle.

Comment ce parcours fonctionne déjà au Canada

Au Canada, ce parcours passe aujourd’hui par l’Initiative CENGN Living Lab, où les start-ups et entreprises technologiques en expansion canadiennes peuvent valider leurs solutions dans des environnements d’exploitation réels, seules ou aux côtés d’un adoptant industriel potentiel.

CENGN exploite un réseau de laboratoires vivants qui couvrent les secteurs les plus pertinents pour un système alimentaire modernisé, notamment l’agriculture intelligente, la fabrication avancée, la mobilité intelligente, la robotique connectée, les bâtiments intelligents et la 5G avancée. Chaque laboratoire vivant est conçu pour un type de projet précis, avec une infrastructure, une connectivité et des conditions d’exploitation propres au secteur qu’il dessert. En parallèle des laboratoires vivants, CENGN exploite uncentre de données canadien sécurisé où les start-ups et les entreprises en expansion peuvent valider l’infrastructure dorsale, les réseaux et la performance applicative derrière leurs solutions. Ensemble, cette infrastructure donne aux start-ups et entreprises en expansion canadiennes un accès à des environnements d’essai de qualité industrielle qu’elles ne pourraient pas bâtir seules, et offre aux adoptants canadiens un endroit pour voir une nouvelle technologie éprouvée avant qu’elle n’entre dans leurs opérations.

L’infrastructure seule ne comble pas l’écart. L’équipe d’ingénierie de CENGN travaille aux côtés des innovateurs et des adoptants pour concevoir des plans d’essai, intégrer la technologie aux systèmes existants, surveiller la performance et produire des preuves structurées auxquelles un acheteur fera confiance. C’est ce travail spécialisé que la plupart des start-ups canadiennes et des PME adoptantes n’ont pas la capacité de mener à l’interne, et c’est ce qui transforme l’essai en préparation commerciale.

CENGN structure également ses projets pour réduire le risque des deux côtés de la relation innovateur-adoptant. Grâce à son modèle de projet d’adoption, un innovateur canadien et un partenaire industriel canadien s’engagent dans un projet commun avec une portée définie, un soutien d’intégration expert, un financement de projet non dilutif et des résultats validés qui appuient la décision d’approvisionnement de l’adoptant. L’innovateur obtient un engagement client réel qui produit des preuves de référence. L’adoptant obtient des résultats validés qui facilitent la défense de sa décision d’achat. Ce qui pourrait autrement être un projet pilote risqué devient un parcours structuré vers l’adoption commerciale.

Les résultats se manifestent déjà à travers l’innovation agroalimentaire canadienne :

Vivid Machines, une entreprise torontoise qui développe des analyses de production fruitière alimentées par l’IA, a utilisé le banc d’essai de CENGN pour entraîner son système Vivid X-Vision, une plateforme d’imagerie en temps réel qui capte des données au niveau de la plante pour les pommiers, les poiriers et d’autres cultures pérennes. La technologie donne aux producteurs des prévisions de rendement précises et des renseignements par arbre auparavant impossibles à recueillir à grande échelle, répondant à un véritable défi de productivité dans la production fruitière canadienne. Vivid Machines est depuis devenue une entreprise commerciale au service du plus grand producteur de pommes au Canada et travaille avec des exploitations fruitières partout en Ontario.

SoilOptix, une entreprise d’agriculture de précision, a collaboré avec CENGN pour faire progresser sa plateforme de cartographie des sols à haute résolution, un système basé sur des capteurs qui produit des cartes détaillées des nutriments du sol, de la texture, de la matière organique et d’autres propriétés à travers un champ. La technologie donne aux producteurs canadiens les données nécessaires pour appliquer engrais, chaux et autres intrants précisément là où chaque partie du champ en a besoin, réduisant le gaspillage et améliorant le rendement.

Grain Discovery, une entreprise de chaîne de blocs, a collaboré avec CENGN pour développer sa plateforme de traçabilité de la ferme à la table, un système qui donne aux consommateurs, aux détaillants et aux transformateurs alimentaires une visibilité vérifiée sur la provenance du grain, la façon dont il a été cultivé et son parcours à travers la chaîne d’approvisionnement. La plateforme répond à une demande croissante des acheteurs alimentaires canadiens et mondiaux pour la traçabilité, la durabilité et la transparence à travers les chaînes d’approvisionnement agricoles (source : études de cas de CENGN).

Il ne s’agit pas de projets pilotes isolés. Ce sont des exemples d’un parcours national fonctionnel qui transforme déjà l’innovation canadienne en technologie canadienne déployée, par la gestion des cultures, des sols et des ressources, ainsi que par la traçabilité de la chaîne d’approvisionnement. C’est un parcours prêt à rejoindre davantage de start-ups et d’entreprises en expansion canadiennes, davantage d’adoptants canadiens et davantage de la chaîne d’approvisionnement alimentaire qui dépend des deux.

Bâtir un système alimentaire national résilient 

Un système alimentaire canadien modernisé est un système dans lequel un producteur de l’Île-du-Prince-Édouard utilise la cartographie des sols pilotée par l’IA pour rendre chaque acre plus productif. Où un transformateur du Manitoba exploite une chaîne de production dotée d’une surveillance en temps réel qui détecte les problèmes de qualité avant qu’ils ne deviennent du gaspillage. Où un distributeur du Québec suit la température et l’emplacement de chaque envoi qui traverse le pays. Où un détaillant de la Colombie-Britannique s’approvisionne auprès de producteurs canadiens dont la technologie a été éprouvée en conditions canadiennes, par une expertise canadienne.

Un tel système alimentaire ne se bâtit par aucune organisation ni aucune technologie isolée. Il se bâtit en reliant les pièces que le Canada possède déjà. Le Canada compte des producteurs, des transformateurs, des transporteurs et des détaillants qui font fonctionner le système alimentaire. Le Canada a les innovateurs qui développent la technologie qui le modernisera. Le Canada dispose maintenant d’engagements fédéraux à la mesure de cette modernisation, à une échelle jamais vue auparavant au pays. Relier ces pièces, c’est ce qui transforme la modernisation en résilience nationale. Cela bâtit un système alimentaire opérationnel où l’innovation, l’infrastructure et la capacité de production canadiennes sont coordonnées de façon assez étroite pour tenir bon sous la pression.

L’infrastructure, l’expertise et les parcours de validation qui font passer l’innovation canadienne à la production canadienne sont déjà en place. La prochaine étape consiste à les faire passer à l’échelle exigée par le système alimentaire canadien. Bien réalisé, cela nous permet de conserver davantage de notre valeur agricole au pays, d’être un chef de file dans la façon dont les aliments sont produits, transformés et déplacés à travers le pays, et de bâtir un système alimentaire plus résilient, plus sécuritaire et plus clairement canadien.

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À propos de l'auteur

Zeyi croit qu’une bonne technologie mérite une bonne communication. Elle aime transformer des idées complexes en récits clairs et captivants qui aident les gens à comprendre non seulement comment fonctionne la technologie, mais aussi pourquoi elle compte. Ses écrits visent à rendre l’innovation plus accessible et à établir des liens entre les idées techniques et les personnes capables de les mettre en œuvre.  

À titre de spécialiste du contenu et des médias numériques chez CENGN, Zeyi crée du contenu qui met en valeur l’impact des technologies de réseautage avancées au sein de l’écosystème d’innovation canadien. À travers des articles, des campagnes et des médias numériques, elle partage les histoires des personnes, des partenariats et des technologies qui favorisent la commercialisation et aident l’innovation canadienne à se concrétiser dans le monde réel.  

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