Les répercussions de la COVID-19 sur la fracture numérique


Mise à jour : 18 novembre 2021

La pandémie de COVID-19 est arrivée soudainement il y a presque un an et demeure aujourd’hui l’un des impacts les plus importants sur notre société. La vie telle que nous la connaissons se vit désormais en grande partie à travers un écran d’ordinateur. Et même si regarder Netflix peut être agréable, tout le monde n’a pas accès à ce type de nouveauté.

Depuis le début de la pandémie de COVID-19 en mars 2020, les ménages canadiens ont rencontré encore plus de difficultés, rendant la vie dans les régions rurales d’autant plus difficile.

Dans le cadre du projet Looking Glass, la puissance informatique est utilisée pour suivre et prévoir la propagation future de la COVID-19. Pour en savoir plus, consultez notre article : Utiliser la puissance informatique pour suivre et prévoir la propagation de la COVID-19.

La pandémie a officiellement mis en lumière la fracture numérique au Canada.

Qu’est-ce-que la fracture numérique ?

Le terme « fracture numérique » a été créé au milieu des années 1990 afin de mettre en évidence les inégalités découlant des différences d’accès à l’information numérique et aux technologies. (Source : Johnson Shoyama) Lorsque les voitures sont apparues pour la première fois, en posséder une représentait un luxe. Aujourd’hui, cependant, avoir un véhicule peut être considéré comme une nécessité pour de nombreuses personnes. De la même manière, l’accès à Internet haute vitesse était autrefois un luxe. Désormais, si vous ne disposez pas d’un appareil numérique et d’un accès à Internet, vos moyens de communication et vos ressources sont considérablement limités.

Comme si la difficulté de composer avec une fracture numérique ne suffisait pas, la pandémie de COVID-19 a davantage mis en évidence ce problème. Les nouvelles directives sanitaires mises en place en mars 2020 ont obligé des millions de Canadiens à commencer à travailler, à étudier et à fonctionner entièrement à domicile. Et comme le télétravail représentait déjà une transition stressante, les Canadiens vivant dans les régions rurales et nordiques doivent maintenant composer avec plusieurs personnes utilisant Internet dans un même foyer, tout en espérant que leur connexion puisse tenir toute la journée de travail.

La connectivité Internet n’est plus un privilège ; elle est devenue essentielle.

Pourquoi s’agit-il d’un enjeu important ?

Digital Divide: Rural and Indigenous communities experience poor internet access

Lorsque le gouvernement a imposé le premier confinement lié à la COVID-19 au printemps 2020, cela nous a forcés, pour la plupart, à passer d’un environnement physique à un environnement virtuel. Les employés de bureau travaillent maintenant depuis leur domicile et utilisent Zoom pour rencontrer leurs collègues. Les étudiants de tous les niveaux doivent s’adapter aux environnements d’apprentissage en ligne. Les systèmes de santé offrent désormais des services de soins virtuels par téléphone ou par Internet, et les services de livraison numériques ont connu une croissance importante. Alors qu’un nouveau mode de vie nous est imposé, les personnes vivant dans des foyers ruraux et dans des communautés autochtones ne disposent pas des mêmes ressources que celles des régions urbaines. (Source : Johnson Shoyama)

Au Canada, seulement 34 % des ménages ruraux et 24 % des communautés autochtones ont accès à Internet haute vitesse. (Source : Future of Good) La fracture numérique rend particulièrement difficile pour ces populations mal desservies de rester connectées pendant la pandémie, obligeant plus du tiers des Canadiens à faire des sacrifices afin de pouvoir payer leur connexion Internet à domicile. Une résidente de Ryder Lake, en Colombie-Britannique, a expliqué qu’elle avait dû s’asseoir avec ses enfants et établir un horaire d’utilisation d’Internet, puisque leur forfait ne pouvait supporter les activités en ligne que d’une seule personne à la fois. (Source : FR24 News)

La pandémie a élargi la fracture numérique, puisque les Canadiens vivant dans les régions rurales connaissent des vitesses de téléchargement 12 fois plus lentes et des vitesses de téléversement 10 fois plus lentes que celles offertes dans les régions urbaines. (Source : CIRA) Pour réduire la fracture numérique, les programmes d’accès au haut débit en milieu rural doivent progresser et la connectivité doit être améliorée. Mais jusqu’à quel point doit-elle exactement être améliorée ?

La nécessité d’aller plus vite

Canadians in rural areas

En termes simples, le haut débit désigne une transmission de données à large bande passante permettant de transporter plusieurs signaux et types de trafic. Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) considère que les vitesses Internet minimales auxquelles tous les Canadiens devraient avoir accès sont de 50 mégabits par seconde (Mbps) en téléchargement et de 10 Mbps en téléversement. Selon les estimations du CRTC, seulement 46 % des ménages ruraux ont accès à une connexion Internet haute vitesse de qualité. (Source : CRTC)

La capacité minimale de haut débit nécessaire pour regarder un film en continu tout en participant simultanément à un appel Zoom est de 7 Mbps. Kirby Koster, gestionnaire principal du programme Haut débit de CENGN, explique qu’en examinant la capacité Internet disponible à son propre domicile, il a constaté qu’avec une vitesse de 18 Mbps en téléchargement et de seulement 0,5 Mbps en téléversement, son foyer ne pouvait supporter que deux appels Zoom simultanés.

Même dans ce cas, un seul des deux appels Zoom pouvait avoir la caméra activée afin de transmettre des images vidéo. Il est donc facile de comprendre pourquoi un foyer comptant plus de deux personnes ne peut pas supporter plusieurs activités numériques en même temps.

Dans les communautés des Premières Nations, on estime que seulement 30 % des ménages disposent d’une connexion Internet atteignant les vitesses recommandées de 50/10 Mbps. À seulement 600 mètres au nord de l’autoroute Transcanadienne, dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique, le directeur financier de la Première Nation de Chawathil a tenté d’effectuer un test de vitesse en ligne pour mesurer la performance de sa connexion extrêmement lente. (Source : FR24 News)

Le résultat du test a démontré que la page avait pris près de deux minutes à se charger et qu’une fois ouverte, elle indiquait une vitesse de téléchargement d’à peine 1 Mbps ! De plus, les connexions ne sont pas seulement plus lentes dans les régions éloignées : le service y est également plus coûteux en raison du manque de fournisseurs de services Internet (FSI).

Votre lieu de résidence ne devrait pas être un obstacle pour accomplir votre travail efficacement ou pour avoir accès à une éducation et à des services de santé adéquats pour votre famille.

La fracture numérique doit faire l’objet d’une attention accrue.

L’impact

Digital Divide: Mobile connectivity is essential

L’Internet haute vitesse et la connectivité mobile sont essentielles pour les communications personnelles et professionnelles, la recherche d’emploi, le développement d’une entreprise, la réalisation des devoirs scolaires et l’accès aux services gouvernementaux. Pendant la pandémie, les membres des familles vivant dans les régions rurales ont éprouvé des difficultés à accomplir leur travail dans des espaces partagés, ce qui les a obligés à partager des appareils et la bande passante. Après tout, seulement 65 à 75 % des familles appartenant au groupe de revenu le plus faible possèdent un « ordinateur à domicile ». (Source : Johnson Shoyama)

Certains membres de familles ont dû se déplacer en voiture après leurs heures de travail afin de trouver des points d’accès Wi-Fi publics pour accomplir leurs tâches en ligne. Les conseils scolaires partout au pays ont eu de la difficulté à communiquer avec les élèves vivant dans des foyers ayant un accès limité ou inexistant à Internet. Dans la plupart des environnements de réseau résidentiels, les ménages sont obligés de partager leur bande passante avec d’autres voisins de la communauté.

Si les ménages éprouvent déjà des difficultés à gérer leur connexion Internet au sein d’une famille, la partager avec toute une communauté devient presque impossible. (Source : Johnson Shoyama)

Les conséquences de ces problèmes sont devenues de plus en plus évidentes au cours des dernières années et n’ont fait qu’empirer avec la COVID-19. Les régions rurales ne disposant pas d’un accès Internet et de services suffisants sont confrontées à une perte de talents et de développement (« exode des cerveaux »), à une diminution des possibilités d’emploi, à un accès limité à la télémédecine et à des obstacles liés à l’apprentissage à distance. (Source : Wiley)

L’amélioration de la connectivité Internet partout au Canada est un processus qui se poursuit, et il est important de comprendre pourquoi les connexions lentes se produisent.

La déconnexion — Qu’est-ce qui cause la fracture numérique ?

Digital Divide: Geographical locations affect connectivity

Les vitesses Internet annoncées par les fournisseurs de services et les vitesses réellement reçues par les communautés rurales ont tendance à être différentes en raison de plusieurs facteurs. Dans ces régions, les services Internet sont souvent limités, notamment en raison de l’absence d’un modèle économique suffisamment avantageux pour inciter les fournisseurs à offrir une connectivité réseau performante. Les populations y sont moins nombreuses et trop dispersées pour que les entreprises obtiennent le même rendement sur investissement que dans les centres urbains.

Cela se traduit par un service Internet beaucoup moins fiable.

Les périodes de forte utilisation ralentissent la connexion, tout comme le matériel des abonnés, l’infrastructure des fournisseurs et la distance entre les utilisateurs et les serveurs. (Source : Wiley) À cela s’ajoutent les défis géographiques uniques liés à la fourniture d’une connectivité équitable à travers le pays. Des éléments comme les montagnes, les lacs et les forêts peuvent avoir des effets importants sur la qualité de la connexion disponible. Avec un accès limité aux services et un plus grand nombre de personnes utilisant le même réseau, les vitesses Internet varient inévitablement d’un foyer à l’autre et peuvent subir d’importants ralentissements au cours de la journée.

Kirby Koster: Senior Manager - Broadband Programs at CENGN
Kirby Koster, gestionnaire principal des programmes de haut débit chez CENGN.

CENGN collabore actuellement avec des fournisseurs de services canadiens afin de développer des solutions innovantes pour surmonter les obstacles liés à l’accès à Internet haute vitesse et réduire la fracture numérique.

« CENGN mène actuellement neuf projets résidentiels innovants liés au haut débit (et d’autres sont à venir) dans les régions rurales et nordiques de l’Ontario. L’objectif est de créer des plans détaillés à partir d’exemples de communautés ayant réussi à améliorer leur connectivité, afin que d’autres petites collectivités puissent s’en inspirer, obtenir une orientation claire, découvrir des solutions technologiques éprouvées et identifier des partenaires technologiques solides pour surmonter les obstacles à l’accès à Internet haute vitesse dans leur communauté », explique Kirby Koster, gestionnaire principal des programmes de haut débit chez CENGN.

« Les microprojets de haut débit résidentiel, comme ceux soutenus par CENGN, qui peuvent recevoir jusqu’à 500 000 $ de financement de CENGN ainsi qu’un financement équivalent provenant d’un partenaire technologique, peuvent avoir un impact considérable sur la performance de l’accès Internet dans des communautés comptant jusqu’à 300 à 500 foyers, grâce à de nouvelles offres de services et à l’amélioration des services existants. »

Un futur connecté

En 2019, le gouvernement du Canada a présenté de nouveaux engagements en matière de haut débit, en prévoyant un investissement de 1,7 milliard de dollars dans le budget afin de développer de nouvelles infrastructures Internet haute vitesse pour tous les Canadiens. Cet engagement vise à offrir des vitesses de téléchargement de 50 Mbps et des vitesses de téléversement de 10 Mbps à 90 % des Canadiens d’ici la fin de 2021. Par la suite, l’objectif est que 95 % des Canadiens aient accès à ces vitesses d’ici 2026 et que 100 % des Canadiens puissent en bénéficier d’ici 2030. (Source : CRTC)

Dans le cadre du Next Generation Network Program (NGNP) du gouvernement de l’Ontario, CENGN continue de financer des projets novateurs qui démontrent des solutions technologiques offrant un accès résidentiel au haut débit plus flexible, moins coûteux et plus performant pour les communautés rurales de l’Ontario.

Avec de nombreux projets déjà en cours, CENGN contribue à réduire la fracture numérique et à offrir aux Canadiens un avenir davantage connecté.

Vous souhaitez en savoir plus sur les services de haut débit de CENGN ?

Apprenez-en davantage sur l’impact du Programme de haut débit résidentiel de CENGN.

Revenir au centre d’information

À propos de l'auteur

Anja Nell is a Content Marketing Specialist student at CENGN (Winter 2021) and a Commerce student at the University of Ottawa with a concentration in Marketing. Her goal is to write impactful, engaging articles on emerging topics. In her spare time, Anja is a music director for the charity CASCO ran by Ottawa.

Plus de Anja Nell

Mises à jour du CENGN, dans votre boîte de réception.

S’inscrire